Témoignage d'Aloyse KLEIN ,

1ère DFL

Lambersart, près de Lille, le 31 mai 1940 à 5 heures de l'après-midi. C'est fini ! Sous-lieutenant Au 124e RI depuis le 3 septembre 1939, j'étais fait prisonnier et je pris le triste chemin de la captivité. Intégré dans le troupeau qui se traînait lamentablement à travers la Belgique, j'avais bien du mal à réaliser.

Le 21 juin, c'était le jour de ma fête, j'arrivais avec un convoi à l'Oflag Il D, à Schneidemühl en Poméranie, près de l'ancienne frontière polonaise. La vie dans les camps de PG a fait l'objet de nombreux récits ; je n'insiste pas. J'ai pu reprendre contact avec ma famille. Mes six frères et mon beau-frère, tous mobilisés, étaient revenus chez eux. Mes parents évacués dans la Haute-Vienne en mai, étaient rentrés à Rahling en Moselle, notre village situé à 25 km à l'Est de Sarreguemines où mon père Jean Nicolas Klein était né. Je me bornerai dans ce récit à l'évocation des seuls événements se rapportant à mon évasion.

En août, ou peut-être en septembre, les Allemands convoquèrent les officiers alsaciens et mosellans et leur proposèrent de remplir une demande de rapatriement avec, bien sûr, des engagements à se comporter en bons et loyaux citoyens du Grand Reich allemand. Je demandai mon rapatriement (le paragraphe 1) mais je rayai tout le reste de l'imprimé, ce qui me valut, comme à beaucoup de mes camarades, de nombreuses injures ; mais on nous laissa tranquilles.

La tradition veut que les saint-cyriens fêtent le "2 S", l'anniversaire de la victoire d'Austerlitz. Le 2 décembre, réunion dans l'après-midi des anciens de toutes les promotions avec des chants traditionnels et autour d'un verre de "Rheinwein". Nous étions une vingtaine de notre promotion et nous avons continué à fêter le "2 S" avec quelques bouteilles de vin.

En revenant à ma baraque, je croisai une patrouille de deux soldats allemands je les arrêtai et leur adressai de violents reproches. J'exigeai qu'ils saluent les officiers français qu'ils rencontraient sur leur chemin. Les Allemands interloqués, se demandaient s'ils devaient m'embarquer. Finalement, ils me décidèrent à regagner rapidement ma baraque. L'incident était clos mais la scène avait eu des témoins. Le lendemain matin, un de mes grands anciens, le lieutenant Alain de Boissieu, me dit avoir constaté que je parlais très bien l'allemand et il me demanda si je voulais m'évader avec lui et un de ses camarades. Le lendemain je rencontrai le lieutenant Jacques Branet.

Depuis plusieurs mois, les lieutenants de Boissieu et Branet avaient décidé de s'évader ensemble mais il leur manquait quelqu'un parlant correctement l'allemand ; ils venaient de le trouver. Pour des raisons de sécurité nous nous rencontrions rarement, et à l'extérieur de leur chambre, nous faisions semblant de nous ignorer. Ce sont eux surtout qui avaient préparé cette évasion : acquisition de Reichsmark (220 au moment du départ), de vêtements civils, de renseignements sur les itinéraires possibles. C'est ensemble que nous avions creusé ce tunnel, si bien décrit par le général Alain de Boissieu dans son livre Pour combattre avec de Gaulle, et que finalement nous n'avons pas emprunté.

Pendant cette période de préparatifs, j'ai connu un autre problème. Un parent du côté de ma mère, venu en Allemagne après 1918, haut fonctionnaire des contributions directes à Francfort-sur-le-Main, m'écrivit courant décembre. La lettre étant rédigée en allemand, l'Oberleutnant Jerske m'invita à son bureau et me traduisit cette lettre qui disait en substance : la guerre est terminée, il ne sert à rien de moisir dans ce camp, rentre chez toi et reprends tes études pour une nouvelle carrière. Ma lettre fut traduite en allemand par le lieutenant Jerske et transmise. J'ai répondu qu'en ma qualité d'officier français, je n'envisageais pas l'avenir de la même façon que lui. Il y eut un autre échange de lettres, le lieutenant Jerske étant toujours aussi aimable : fauteuil, cigare ("non merci, je ne fume plus !") Une troisième lettre me parvint début mars, directement. J'y ai répondu en allemand et de ma plus belle écriture gothique. Je lui disais que j'étais majeur et décidé à organiser seul mon avenir. Je le remerciais d'avoir eu de bonnes intentions à mon égard, mais je le priais de ne plus s'occuper de mes affaires. Et j'envoyai ma lettre. La réaction fut brutale : convocation au bureau, pas de fauteuil ni de cigare !

- C'est vous qui avez écrit cette lettre ? Et vous connaissez l'allemand ?

- Jawohl Herr Obertleutnant, ai-je répondu avec le sourire.

- Bon, nous verrons cela, j'ai quelques jours de permission à prendre, mais dès mon retour, je vous le promets, je m'occuperai de vous.

Nous étions le vendredi 20 mars 1941 et le jeudi 27 mars j'ai quitté l'Oflag Il D. Il était grand temps. Je dois préciser que ma mère était au courant de ma situation, par moi-même et par l'auteur des lettres. Sa dernière lettre m'avait fait plaisir. Elle disait : "Je comprends très bien ta position. On ne peut adorer aujourd'hui ce qu'on a brûlé hier et brûler aujourd'hui ce qu'on a adoré hier."

J'avais trouvé un pantalon civil, je ne sais plus très bien comment et, à défaut de veste, j'avais six tricots de laine, un imperméable noir de gendarme et une belle casquette confectionnée par un tailleur à partir d'une coiffure norvégienne. Ma coupe de cheveux était très couleur locale. J'avais tellement l'air d'un véritable Allemand que Jacques Branet avouera plus tard que rien qu'en me voyant il avait envie de m'étrangler.

Nous avions pris le dernier repas ensemble dans la chambre de mes deux camarades et nous nous étions habillés en civil, prêts pour le départ. De tous les camarades de ma chambrée, seul le lieutenant Etienne Lancrenon connaissait mes projets. C'est lui qui me raconta à Paris, après la Libération, comment quatre jours après notre départ, le lundi 30 mars, le lieutenant Jerske vint me chercher dans ma chambre et qu'il apprit que le lieutenant Klein était paraît-il rentré chez lui avec l'accord des autorités allemandes ! Le pauvre lieutenant Jerske a failli s'étrangler de rage mais il ne put en savoir davantage.

Nous quittâmes le camp en passant par la grande porte lors d'une promenade. Les gardiens avaient compté 93 officiers sur les rangs et ceci à deux reprises. En réalité, nous étions 96 étant donné que trois officiers de petite taille se tenaient sous la pèlerine de trois camarades très grands, chacun levant un pied alors que les candidats à l'évasion n'avaient aucun rôle à jouer.

En cours de promenade, le moment nous paraissant favorable, Branet, de Boissien et moi laissâmes comme prévu nos pèlerines aux camarades qui nous suivaient, nous fîmes trois pas à droite et voilà trois civils qui se laissent dépasser par la colonne de prisonniers. Les sentinelles qui Serinaient la marche eurent droit à notre salut : "Heil Hitler" ; elles nous répondirent comme il convient entre compatriotes.

Nous nous dirigions vers la gare de Roederitz. Je ne pus obtenir de billets, faute de pièces d'identité. Je racontai à l'employé que j'avais oublié mes papiers, que j'allais les chercher à la maison mais que je reviendrais. Et nous voilà repartis à pied vers la gare de Lubow près du camp militaire de Gross Born. Nous avions deux heures d'avance et, pour être un moment tranquilles, nous bûmes trois bières et trois schnaps dans un restaurant.

Dans une salle voisine se déroulait une réunion très animée d'hommes portant des brassards à croix gammée. Un moment ils entonnèrent les hymnes allemands et, comme tous les consommateurs, nous nous levâmes et le bras tendu, chantâmes le Deutschland über alles ! et le Horst Wessel Lied avec beaucoup de conviction. De Boissieu et Branet montraient de réelles aptitudes pour le mime. A la gare, j'obtins sans difficultés - du moment que je donnais de beaux billets de banque - un billet pour trois à destination de Koenigsberg. Nouvelle attente sur le quai de la gare. Voyage tranquille jusqu'à Neustettin où nous arrivâmes vers 23 heures. Nous comptions passer la nuit dans la salle d'attente. Contrôle de police. Sans attendre la demande des "Ausweiss", je montrais le billet de chemin de fer et leur expliquai qu'en raison de l'heure tardive, nous ne voulions plus déranger des parents chez qui nous devions passer la nuit. Et on nous laissa tranquilles.

A 6 heures du matin, train omnibus jusqu'à Konitz, en Pologne. Je pris tout de suite le supplément pour pouvoir utiliser l'express qui ne partait que l'après-midi. Les heures suivantes furent pénibles. Nous pensions nous mettre à l'abri dans un café, comme la veille. Mais les autres clients étaient trop bien habillés par rapport à nous. La plupart des Allemands étaient en uniforme mais je ne cherchais pas à savoir s'ils étaient de la police ou de la "Reichsbahn". Nous allâmes plus loin - au buffet de la gare - et à nouveau : bières et schnaps. Je parlais presque sans arrêt, donnant l'impression à ceux qui pouvaient nous entendre que nous étions en grande conversation. Je posais des questions - je répondais et personne ne nous interrogea même pendant les deux heures que nous avions passées à faire les cent pas sur le quai. Voyage sans histoire jusqu'à Koenigsberg dans un train bondé.

Je repris un nouveau billet pour Ebenrode à 15 km de la frontière russe. Nous réalisâmes qu'il serait très imprudent d'arriver en pleine nuit, dans une gare terminus sans doute assez surveillée par la police. Et si au camp notre évasion avait été découverte ? Il valait mieux arriver de jour ; on voyait mieux le danger. J'allais donc demander au chef de quai de bien vouloir valider notre billet pour le train du lendemain matin, ce qu'il fit avec beaucoup de gentillesse.

Et nous passâmes une deuxième nuit dans une salle d'attente. Cette fois à Koenigsberg. Beaucoup de monde. Quelques ivrognes et quelques contrôles de police. Mais nous ne fûmes pas inquiétés. Je parlais toujours beaucoup et pour faire couleur locale nous avions encore des verres de bière et de schnaps devant nous. Brànet faisait des mots croisés, de Boissieu lisait un journal mais il observait surtout, prêt à intervenir si je dormais à l'approche d'une patrouille. Et nous revoilà dans le train en direction de la frontière.

Il était 9 heures quand nous arrivâmes à Ebenrode. Nous quittâmes la gare avec une belle assurance, comme des gens pressés de rentrer chez eux. Il y avait des policiers mais nous ne les intéressions pas. Des panneaux nous indiquaient la route d'Eydkau. Une fois de plus nous rencontrâmes des prisonniers français qui nous regardaient curieusement. Devinaient-ils notre situation ? Avant notre départ du camp, Branet avait obtenu de l'aspirant Gutefin un plan de cette région frontière. Celui-ci avait échoué dans sa tentative d'évasion au moment de franchir la frontière, mais il nous fit profiter de son expérience. Nous suivions les indications de ce précieux plan que nous n'avions plus sur nous, par précaution, mais que nous connaissions par coeur. Nous venions de dépasser un carrefour, un panneau indiquait la direction du village de Goeritten. Soudain, nous voici à peu de distance de deux soldats allemands que nous n'avions pas aperçus plus tôt. Impossible de faire demi-tour ou de les éviter. Après un échange de "Il Hitler", je leur demandai la route de Goeritten. Ils me firent constater que nous allions vers la Russie :

- La frontière est là-bas Je protestai que je ne comptais nullement me rendre dans l'enfer soviétique. Ils me comprenaient. Je leur expliquai que d'habitude je prenais un autre itinéraire mais que pour une fois j'avais emprunté ce raccourci.

- Votre nom ? - Erwin Schmitt.

- Où habitez vous ?

- A Goeritten. Ils ne remarquèrent rien.

- Avez-vous des papiers d'identité ?

- Bien sûr ! Je fouille dans mes poches.

- Mais, désolé, j'ai dû les oublier à la maison. Ils n'insistèrent pas.

- Et ces deux-là ?

- Ce sont des ouvriers italiens que je viens de prendre à la gare pour les emmener chez mon père.

- Ont-ils des papiers ?

- Non, ils m'ont remis les certificats de travail de leur dernier employeur.

Je les avais rédigés au camp avant notre départ, sur papier libre et sans cachet. Ils prirent les certificats, les lurent et se les repassèrent. Pendant ce temps, mes deux ouvriers italiens, Julio Ascoli (de Boissieu) et Pietro Gregori (Branet) échangeaient des propos entre eux à voix basse, parlant "Fatchese historica". Les soldats me rendirent les papiers en disant simplement : "Gut" (Bien). Je leur déclarai que j'allais reprendre mon itinéraire pour ne pas me trouver en zone interdite. "Heil Hitler". Et nous repartîmes. Allaient-ils nous suivre ? Etait-il possible qu'ils croient notre histoire ? Nous partions d'un pas décidé mais le paysage était plat. Pas un couvert pour se mettre à l'abri. Et voici qu'au bord de la route, nous trouvâmes en contrebas, une mare plantée de roseaux de près de deux mètres de haut. Nous disparûmes dans ce couvert providentiel et nous entendîmes les aboiements d'un chien. Mais ce n'était qu'un troupeau d'une dizaine de vaches qui se déplaçait au loin. Nous attendîmes. Allaient-ils nous chercher ? Nous mangeâmes un peu et nous nous serrions les uns contre les autres pour nous réchauffer. Il devait faire une température de -15' à -20'. La nuit tombait et l'espoir renaissait. Nous repartîmes en direction de la frontière, mais nous ne la trouvions pas. Je portais une longue perche pour mieux passer la rivière - frontière que nous devions franchir. A deux ou trois reprises nous eûmes droit à des fusées éclairantes. Le mieux alors était de rester immobiles pour passer inaperçus d'autant qu'il neigeait.

Un peu plus tard, nous nous approchâmes d'un bâtiment et aperçûmes un énorme drapeau rouge. Serions-nous en Russie ? Non ! Sous l'effet du vent il laissait apparaître une croix gammée en son milieu. Evitant encore un side-car en nous jetant dans le fossé, nous repartîmes plein est, le vent en face. Un peu plus loin un double réseau de barbelés éclairé par des projecteurs placés sur des miradors nous barrait la route. Etait-ce la frontière ? Ce n'était plus le moment de réfléchir trop longtemps. Branet et moi escaladâmes à toute vitesse l'obstacle. Nous étions déjà de l'autre côté tandis que de Boissieu restait accroché en haut des barbelés par le fond de son pantalon. Pressé par nous de se dépêcher, il parvint à descendre, mais avec une grande déchirure dans son pantalon. Nous repriîmes notre progression en nous éloignant le plus vite possible de ce réseau de barbelés. Etait-ce vraiment la frontière ? Mais la rivière alors ? Cet obstacle que nous avions tellement craint ? Nous l'avions traversée sans la voir, elle était gelée ! Nous nous approchions d'une maison. Une fenêtre était faiblement éclairée. Je frappai. Un homme en chemise de nuit apparut. Je lui demandai

- Hier Deutschland oder Russland ? Il me répondit :

- Deutschland, Russland ? Nee, hier Litauen.

Et il se retira aussitôt. Ces simples paroles suffisaient à notre bonheur. Nous n'étions plus en Allemagne ; nous étions des évadés, des hommes libres. Nous tombions dans les bras les uns des autres. Si nos camarades de l'Oflag savaient ! Si nos familles savaient ! Mais est-ce que les Russes n'allaient pas nous rendre aux Allemands ? Nous préférions ne pas y penser.

Dans une autre maison encore éclairée, je m'adressai en français d'abord à un homme qui devait être un veilleur de nuit. Il ne comprenait pas. Pas plus de succès ni en allemand, ni en anglais. De Boissieu et Branet faisaient des tentatives en latin, en grec, en italien, en espagnol ; le courant ne passait pas. Le Lituanien se leva, mit son chapeau et nous invita à le suivre. Nous fûmes introduits dans une grande salle où une réunion semblait se terminer. Bientôt nous fûmes entre les mains de la police et les interrogatoires commencèrent.

Le 1er avril à 4 heures du matin, nous entrions dans la prison de Kaunas. Ce n'était pas un poisson d'avril. Une autre vie commençait. Après un mois de prison, quatre mois de camp d'internement et quelques voyages, nous quittions l'URSS le ler septembre 1941 par le port d'Arkangelsk.

Accueil inoubliable des Britanniques et des Canadiens français sur l'Empress of Canada, qui nous emmena à Glasgow via le Spitzberg. Le 1 0 septembre 194 1, nous arrivâmes à Londres et signâmes notre engagement dans les Forces Françaises Libres

.

Itinéraire d'évasion d'Aloyse Klein et de ses compagnons (dont Alain de Boissieu).

Commandant d'une compagnie d'instruction à Camberley pendant quelques mois, je fis un stage dans une unité de commando à Larcs en Ecosse et participai à un coup de main sur Bayonne le jour de Pâques 1942. Quelques mois encore au 3e Bureau des FTGB à Londres afin de traduire le "Règlement d'emploi des chars dans les petites unités" par le général Guderian, et ce fut le départ en février 1943 pour l'Afrique.

Voyage par bateau jusqu'à Lagos, puis par avion jusqu'à Tripoli via Kano, Khartoum, Le Caire. Le 4 mai j'arrivai à la 1ère DFL au PC du général Koenig près de Gabès. Opérations avec le BM XI en Tunisie où en mai 1943 j'ai gardé un camp de prisonniers allemands pendant quelques jours. Italie en mai et juillet 1944. Puis en France du 16 août 1944 dans la baie de Cavalaire jusqu'au 8 mai 1945.

Pendant cette période, de l'évasion à la Libération, les contacts avec la famille étaient plutôt rares. Et pourtant le 14 mai 1941, j'ai pu écrire à ma fiancée à Lyon, expulsée de Metz avec ses parents en septembre 1940. A mots couverts elle a pu prévenir mes parents, ce qui m'était interdit. Par elle aussi, mes camarades de l'Oflag Il D ont appris que "notre voyage d'études" se poursuivait dans de bonnes conditions à travers l'URSS. J'ai pu faire connaître mon arrivée en Grande-Bretagne mais, par la suite, ma situation resta inconnue.

Pendant les opérations en Alsace, en janvier 1945, j'ai pu entrer en contact avec ma famille à Rahling. Le lieutenant Alexandre, de la 2e DB, en liaison avec la 1ère DFL, est venu revoir son frère officier au BM XI. Les sous-officiers de son peloton tenaient leur popote dans la maison de mes parents. Deux d'entre eux m'avaient d'ailleurs reconnu sur une photo de famille ; ils étaient internés avec moi en Russie et nous sommes revenus ensemble en Grande-Bretagne. Que le monde est petit !

Le lieutenant Alexandre a emporté une lettre pour ma famille. Une semaine après ce premier contact, ma sœur a pu me donner des nouvelles de la famille. Maman était très gravement malade à Abreschwiller. Je ne la revis malheureusement pas ; elle devait décéder une semaine plus tard. Après mon évasion elle avait réussi à tenir tête à la Gestapo qui l'accusait de complicité. Elle regrettai de ne pas me revoir mais elle était fière de la décision que j'avais prise. ALOYSE KLEIN lère DFL (témoignage et photos tirés de Ils ont rejoint de Gaulle de Jean Hadey, éd. La Nuée bleue, DNA, Strasbourg, 1990)